L'Avel Sport a été bouillonnante, ce samedi après-midi, pour un inédit 16ème finale de la coupe de France futsal entre Plougastel FC (R1) face à Paris Acasa, une équipe francilienne du premier niveau national (D1). Portés par l'évènement, les dirigeants du Plougastel FC concèdaient qu'ils auraient facilement rempli sur ce match le double, voir le triple d'une salle limitée à 700 spectateurs sur sa jauge. C'est dire si la greffe du futsal à Plougastel, qui date seulement d'une saison et demie, est en train de prendre à vitesse grand V. Rempli à ras bord à 30 minutes du début du match, à 16h, les 12 joueurs du Plougastel FC ont savouré chaque seconde de l'évènement, pour certains, ce match face à Paris représentait presque l'apothéose de leur parcours, comme les joueurs hispano-lusophones de l'équipe, Fabio Magalhaes Martins, David Fernandes Colaco, Guillaume De Freitas, Delfim Miranda Gomes... Pour certains comme Bourama Dicou, Mathéo Da Cruz, Gauthier Thomas, le futsal agit en véritable coup de coeur. Avec comme animateur principal, le Carhaisien, Hugo Niguès, qui a crû, par ses voyages en Amérique du Sud, avant tout le monde dans le Finistère, au potentiel de cette discipline extrêmement développée au Portugal ou en Espagne. Précurseur à l'AC Carhaix, dont plusieurs membres historiques comme Jordan Quillerou ou Mickaël Goncalvez étaient présents, Hugo Niguès a enté la première greffe du futsal à Plougastel. Au bout de deux ans à peine, le résultat est même spectaculaire. Leader de son groupe en R1, la bande de Jérémy Laot, l'entraîneur de cette formation, ne s'interdit rien, et cible même les barrages d'accession à la D2, en fin de cette saison. Même défait 1-4 par les Parisiens, ce moment comme tombé du ciel par les dirigeants du PFC, qui admettaient avoir tout vendu les places à plusieurs jours du match, a été vécu intensément par tout un public qui a porté son équipe, et y a même crû à l'exploit quand Plougastel a ramené le score à 1-3 à six minutes de la fin.
Légende: Grosse ferveur populaire sur ce 16ème finale entre Plougastel FC (R1) et Paris Acasa (D1) en futsal, ce samedi après-midi, à la salle Avel Sport.
Après avoir sorti tour à tour l'ES Plonéis, Locminé, le Auray et l'exploit face à l'AS Saint-Jacques à Saint-Renan (5-3, D2), Plougastel FC a vécu un samedi après-midi extraordinaire en affrontant une équipe de premier niveau français, avec Paris Acasa. Porté par une salle en ébullition dès l'entrée des joueurs, 700 supporters garnissaient la salle presque trop exigüe pour cette circonstance unique.
" On est toujours dans la promotion de la pratique. L'an dernier, on a crée la section. Nous gagnons dès la première année, à Plélo (22), contre La Masia Châteaugiron, la coupe de Bretagne, ça a amené de l'engouement au sein du club, et sur le territoire. Le club voit aussi que le futsal est un atout en terme de communication et de visibilité. 700 personnes, dans une salle, c'est très intéressant pour notre développement. Il y'a encore un effet découverte, Plougastel est un club qui mise sur le football à 11, évidemment mais qui est très ouvert aussi sur les autres pratiques, le foot féminin comme le futsal. La section futsal en filles ou garçons a brillé ce week-end pour le PFC. On en est très content", précise Hugo Niguès, co-entraîneur de l'équipe et salarié au club.

De l'engouement autour du parcours, il y'en a eu. Récent vainqueur de la coupe de Bretagne, à Plélo, l'an dernier, Plougastel est encore en phase de conquête sur cette nouvelle discipline qui plaît inconstestablement et suscite la curiosité de beaucoup.
" En terme d'ambiance, le club de Plougastel FC avait préparé l'évènement aux petits oignons, avec une boutique mise en place à l'entrée de la salle, les Escort-kids, le kop en haut de la tribune. Pour les garçons, c'est un super évènement à vivre. Jouer une D1, même s'il n'y avait pas les 12 garçons habituels, Paris avait déplacé 6 joueurs du groupe de D1. On a eu un vrai match. C'est une récompense pour des garçons qui font la pratique depuis plusieurs années. Le regret sur ce match, c'est presque d'être trop rigoureux sur notre plan de jeu, en première mi-temps. Forcément, pour nous, il fallait aussi qu'on absorbe l'évènement, on ne pouvait pas partir la fleur au fusil, il fallait repsecter l'adversaire, voir comment ce que cette équipe proposait. On a fait ce qu'on avait à faire", souligne Jérémy Laot, co-entraîneur de cette équipe du Plougastel FC.

Mené rapidement au bout de la 14ème minute 0-3 par des Parisiens, qui avaient à coeur de repartir avec la qualification en 8ème finale, Plougastel FC, malgré la différence visible de niveau, ne s'est pas écroulé, et avec Bourama Diocou, le stoppeur de l'AS Brestoise (R2) a aussi agité les filets en fin de partie. Plougastel ne sera pas au rendez-vous des 8ème finale de la coupe de France, battu 1-4, mais la greffe récente du futsal à Plougastel a pris à une vitesse grand V.
" Mon discours à la mi-temps était qu'il fallait marquer dans ce match, qu'il fallait amener la salle avec nous, de relancer un engouement. Après, quand on marque ce but, à 1-2, notre objectif est de retendre le score à +1 à deux minutes de la fin. Mais déjà d'avoir l'émotion du but, ça restera comme un sacré souvenir. La coupe de France était un objectif, il reste encore la coupe de Bretagne, qui est un objectif fort pour nous. On l'a gagnée l'an derrnier, et on espère la conserver cette année. J'espère que des gens qui ont goûté dans le public, pour la première fois au futsal, voudront revenir nous voir. Pour les spectateurs qui découvraient la pratique, ils ont vu une vraie équipe de D1 en face. Parfois, on a été en difficulté en première mi-temps, on a bien senti la différence de niveau, notre marge de progression. Ils sont meilleurs dans la sortie avec le ballon, ils ont plusieurs combinaisons de sortie, ils ont capable de s'ajuster rapidement en 2-2, 4-0, 3-1. Ils sont aussi beaucoup en phase arrêté avant de sortir vite leurs combinaisons. On a l'impression que tout va lentement sur leurs déplacements, mais ça leur permet d'avoir ses deux/trois mètres au final. C'est le très haut niveau. Je suis très fier du visage montré par l'équipe", estime Jérémy Laot.

Positionné tout en haut de la R1, désireux de faire les barrages d'accession, en D2, Plougastel n'en est qu'au début de son histoire avec le futsal, mais déjà, cette équipe a donné de l'émotion à l'ensemble d'une ville, qui pour beaucoup de spectateurs, découvraient cette jeune pratique encore.
" A titre personnel, je suis plus sur la fin maintenant. On s'était lancé avec l'AC Carhaix en DH, en 2012, dès que le championnat DH s'était lancé. A l'époque, on était sur des footballeurs qui venaient en salle découvrir une pratique. Aujourd'hui, ça en devient une spécificité. Le chemin effectué a été constant. Aujourd'hui, le futsal amène une vraie dynamique dans un club, c'est un sport apprécié du public et des jeunes. C'est une pratique qui plaît, qui est ludique, qui est en intérieur. On touche aussi souvent le ballon et quand c'est spécifique, on se prend au jeu. La moitié de notre équipe est spécialiste, l'autre se partage avec du foot à 11, sur une double licence. C'est un régal. On est en pôle position pour l'instant en R1, si nous conservons cette place jusqu'au terme de la saison, on jouera un barrage face à l'autre premier breton de R1. Si on le gagne, il y'aura un autre match de barrage face au champion de la Nouvelle-Aquitaine, sur un match aller-retour, avec en enjeu pour l'équipe vainqueur, une entrée directe en D2. On a goûté au très haut-niveau, face à Paris Acasa. Paris a extrêmement bien géré, même quand on revient à 1-3, leur système de jeu leur permet de mettre en place des variantes et de faire couler le chrnomètre. Ils étaient même content à la fin de voir l'ambiance en fin de match avec cette salle. Il y'a des joueurs qui n'avaient jamais joué devant autant de personnes, certains ont déjà fait des 32ème finale de coupe de France, dans notre équipe, ou joué de gros évènements foot. C'est très impressionnant et différent de le vivre dans une salle, avec des spectateurs proche du terrain. On entend ou voit sa famille, ses collègues. Je suis content pour tout le groupe", conclut Hugo Niguès.